Quand la pluie devient un problème, c’est souvent la gouttière qu’on a négligée

La pente, c’est la base

— Mes gouttières débordent à chaque grosse pluie, pourtant elles semblent propres. D’où ça vient ?

Ça vient presque toujours de la pente. Une gouttière posée à plat, ça ne pardonne pas. On doit avoir une inclinaison d’au moins 3 mm par mètre linéaire vers la descente. Si l’eau stagne, elle finit par déborder, et pire, par ronger le fond de la gouttière de l’intérieur. C’est l’erreur qu’on voit le plus souvent sur des poses faites à la va-vite. Pour éviter ça, vous pouvez consulter notre page tout savoir sur les gouttières, ça donne une bonne base.

Le diamètre de la descente

— J’ai une grande toiture, est-ce que le diamètre de la descente d’eau a vraiment de l’importance ?

Absolument. On ne met pas une descente de 80 mm sur une toiture de 80 m². C’est comme vouloir vider une baignoire avec un tuyau de stylo. Le calcul se fait en fonction de la surface de collecte et de la pluviométrie locale. Ici à Carquefou, on n’est pas à l’abri des épisodes intenses. Une descente sous-dimensionnée, ça crée une pression dans la gouttière, ça force les joints, et au bout de deux hivers, tout fuit. On dimensionne toujours large plutôt que juste.

Les crochets qu’on oublie

— Est-ce que l’espacement des crochets de fixation change quelque chose ?

Ça change tout. On voit des gouttières avec des crochets espacés d’un mètre, voire plus. Au premier chargement de feuilles mouillées ou de neige, la gouttière se décroche ou se déforme. La règle du métier, c’est un crochet tous les 60 cm maximum. Et surtout, on ne vissait pas dans le bois pourri sans avoir vérifié l’état de la structure du toit avant. Un crochet qui tient dans du bois dégradé, ça ne tient pas vraiment.

L’évacuation au sol, le parent pauvre

— Et une fois l’eau en bas, on fait comment pour éviter les dégâts autour de la maison ?

C’est souvent le point oublié. On soigne la gouttière, la descente, et on laisse l’eau tomber directement contre le mur en pied de façade. À terme, ça humidifie les fondations, ça soulève les dallages, ça fait des dégâts coûteux. On raccorde systématiquement la descente soit vers un regard, soit vers un exutoire éloigné d’au moins un mètre de la façade. Et on vérifie que cet exutoire n’est pas bouché. C’est du bon sens d’artisan, mais ça évite bien des mauvaises surprises.

Intervention réalisée par Henri Couvreur, artisan à Carquefou (44).

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